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 Au marché des menteurs

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Tafka Corcovan
OPALE

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♠ Humeur : Tendue, rageuse ...
♠ Emploi : Professeur à l'école des gladiateurs
♠ Karnevale : ...

MessageSujet: Au marché des menteurs   Mer 23 Mai - 5:40

Tafka ne se rendormit pas, cette nuit-là, en proie à d'étranges peurs. Qu'importe, elle en avait déjà passé des nuits blanches, et nombreuses encore, là n'était pas le problème. Ce n'était pas toute reposée qu'elle pouvait se faire une place dans le monde, et reposée, elle ne l'avait été que rarement. Cependant qu'elle posait les pieds au sol toute remplie des courbature de la marche, elle jouait des bras et des mains dans ses draps, et alors qu'elle en sortait enfin totalement le courant de l'air la rappela à l'ordre, glacial. Au diable ! il fallait vraiment qu'elle fut couarde pour s'en occuper un tant soit peu, et il allait sans dire qu'elle avait bien mieux à faire que de se laisser frissonner. Il n'était pas cinq heures que déjà, machinalement, elle agrippait le pommeau de son épée et battait le vide comme s'il lui eut été un ennemi mortel, à défaut d'avoir, en face d'elle, un quelconque adversaire. Et d'ici, de là, elle assénait coup par coup ses meilleures bottes, taillant le vent de mille blessures, parce que lui aussi semblait si bien se rire d'elle !
Et le vent l'accompagna longtemps, avant que fut levé le soleil. L'astre, las, se voulait de faire attendre le plus qu'il pouvait, posant rayons par rayons, mais si lentement qu'on eut pas assuré qu'il bougeait. Alentours, le sable s'éclairait d'un million de fines lueurs, pour minuscules qu'elles fussent. Apparaissait peu à peu un désert irrigué de vert et de jaune, dans un tableau grotesque, dépareillé, éblouis et faussé par le bleu clair du ciel. Les buissons épars se chevauchaient dans un fatras imprenable, qui, une branche par dessus, qui, une racine prise dans le bois d'un autre. En travers d'eux, aux aguets, serpents et insectes se faufilaient, cherchaient patiemment leur prochain repas, tout emplis de la peur de Tafka et de son épée qui, depuis des heures, n'avait de cesse de leur faire entendre son joli bruit de mort et de fureur. Et derrière eux, au loin, s'alignaient tel de petits soldats les premiers bâtiments de la ville. Opale était bien proche à présent,Tafka touchait au but.

Il lui suffit d'une heure pour marcher jusque là, délaissant de bon coeur son escorte, en lui laissant le soin de porter ses affaires en ville. La route s'avéra éreintante, au sortir d'un désert mou, balayé par les vents, cependant elle était tellement remplie de volonté, et il lui fallait tant d'effort, déjà, pour revenir à son pays natal ! Tout vent qu'il fut, et tout puissant qu'il put se montrer, elle pouvait certainement l'être plus.
Lorsque la jeune femme passa les portes de la ville, il faisait bel et bien jours, et le soleil marbrait si bien les rues et pavait avec tant de poésie les maisons et les murs de la ville qu'elle s'en émut presque, le temps d'une seconde. Et puis, non, passée la surprise et l’enchantement, ce n'était plus si beau, et somme toute on avait jamais vu le soleil faire de la poésie. Tafka reprit en l'instant ses esprits, sourcils froncés, et déjà mécontente de ce qu'elle avait là. La beauté, l'amour même, était affaire de ses parents et de ses frères et sœurs, et elles leur allait si bien ! tout compte fait il fallait leur laisser, c'était bien plus sage. C'est ainsi qu'elle s'avança dans les premières rues d'Opale, presque à reculon, et flanquée d'un soleil qui, frappant méchamment son dos, semblait la vouloir morte.
Le premier cri retentit bien vite, annonçant sans nul doute un jours de marché, si tant est qu'il y en eut un de particulier, et d'un « Achetez, messieurs dames, venez voir du beau cuir fin ! », débuta le défilé des marchandises, dans un brouhaha assourdissant de sautes d'humeurs et de cris à n'en plus finir. On entendait d'ici un homme vanter la fraîcheur des légumes, de là, plus douteuse, celle de ses poissons, et ,qui, de proposer les meilleurs pris et les meilleures affaires, toujours, semblait-il meilleures que celles des vendeurs environnants. Par-delà les hurlements des marchants, ceux des passants, bien sûr, qui, mécontents, ou qui, croisant simplement un vieil ami, avec force de « Depuis le temps », « Tu devrais passer là plus souvent ! », accompagnés de claques dans le dos.
Tafka, sceptique, s'avança lentement sur la place et, d'une main posée sur sa bourse de cuire, compta une à une les pièces qui restaient encore à l'intérieure. Il lui fallait à manger, après la marche, et si elle pouvait se priver sans efforts, elle n'en était pas inconsciente pour mourir de faim. La mort, elle devait la trouver au combat, ou l'éviter toute entière si c'était possible ! D'un œil, elle fit le tour de la place, et de donner au passage à chacun un regard sans font, de toute la hauteur qu'elle avait.
Il y avait là les étals de légumes, et ceux de viandes qui, d'environ cinq mètres de hauteurs, et flanqués des vendeurs les plus grassouillets, et qui hurlaient le plus fort. De part et d'autres, on vendait en abondance les pâtisseries fines; cornes de gazelles, roses des sables, feuilletés d'amandes faisaient partir en l'air des nuages de sucre et lui donnaient l’odeur forte du miel et du sésame grillé. A coté venaient, en pagaille, les plats de semoule au beurre, les boulettes et brochettes de viandes, dont le jus s’étalait si bien au sol qu'il lui donnait la couleur sombre du charbon froid. Tafka, boudant la foule, repéra plus loin un petit marchand de roulés aux fruits et à la viande qui, d'une voix mal assurée peinait à se faire entendre des passant ; sa bourse était encore vide et son panier plein de la totalité de sa marchandise.
Tafka soupira. Vraiment, que lui importait de ce qu'elle allait manger ? Elle pouvait tout aussi bien acheter au gamin plutôt qu'à un autre, tant qu'elle avait de quoi se remplir le ventre, et lui en avait le besoin, bien plus que les hommes gras qui faisaient leurs affaires à coté. C'est sur cette pensée qu'elle marcha vers l'enfant, la bourse au poing, et de l'autre main caressant le pommeau de son épée : on ne savait jamais, le mieux était toujours de ne pas prendre de risques.
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MessageSujet: Re: Au marché des menteurs   Ven 6 Juil - 14:53

Opale et sa chaleur accablante. Le trajet avait été difficile, il faut avouer que la jeunesse et la fougue de l’homme avaient foutues le camp il y a bien longtemps. Le soleil battait avec force et avancer dans le sable n’était pas sa plus grande passion. Mais où étaient donc ces pavés irréguliers qui formaient jadis ces étroits chemins qu’empruntaient les passants ? Il râlait comme à son habitude, toujours une bonne raison de se plaindre, celle-ci était de rigueur. Voilà que maintenant il faisait son nostalgique.

Il s’était encore fait avoir par le caravanier, enfin il commençait à avoir l’habitude, trop âgé pour faire le trajet seul et monnayant une trentaine de sphéros il s’était arrangé avec un marchand pour que ce dernier le mène à Opale. Mais on connaît la chanson, « mener à Opale » était un concept variant d’un marchant à un autre. Il avait eu la chance une fois d’y être emmené à ses portes, les autres fois il restait une petite marche à faire qui, anodine pour les plus forts et jeunes, paraissait de suite plus importante pour un vieillard en devenir comme Björn.

Il ruminait, il adorait ruminer, il ruminait tout le temps. Il finit tout de même par voir le bon côté des choses, ruminer ça aidait à passer le temps et de plaintes en plaintes il atterrit rapidement devant les portes de l’ardente Opale. C’était jour de marché, raison pour laquelle il quittait son petit confort et sa petite boutique pour s’adonner aux quelques achats qu’il entreprenait pour son travail ou son petit confort personnel. Cette fois-ci c’était pour des étoffes. L’homme sur un coup de tête un soir s’était décidé à ré-arranger sa chambre à coucher qu’il jugeait trop fade. Il ria intérieurement, ce désir passager était de loin l’un des plus risibles qu’il avait pu avoir. Sa chambre à coucher était sans doute la pièce laquelle il demeurait le moins. Après sa tournée des bars, bien trop enivré l’homme finissait dans son fauteuil quand il arrivait bien entendu à faire le trajet correctement et ne pas finir par s’endormir dans un coin de Powerful Town sur un banc ou derrière un peu de verdure.

L’ambiance battait son plein, à son habitude les voix s’élevant des marchants tentant désespérément d’attirer quelques clients faisaient parti d’une sorte de routine, il n’y prêtait plus attention. Son objectif, l’étal qui avait coutume de se situer après le celui du vendeur de poissons. Un vil coquin, rien de plus. Vendre du poisson gisant sur un étalage avec une chaleur pareille relevait d’un défi, assurer que ce dernier était frais relevait du mensonge. Tout bon à empoisonner une connaissance dont on voulait se débarrasser, ces poissons n’avaient rien de très comestibles.

Alors qu’il avançait parmi la foule en constant mouvement les étals s’enchaînaient. Beaucoup disparaissaient pour laisser place à d’autres, à Opale être un marchand itinérant était un vrai combat, peu d’entre eux avaient le privilège de rester assez longtemps pour que le vieil homme puisse à nouveau les voir. A vrai dire, il s’en fichait pas mal car rien ne l’intéressait excepté ses étoffes. Marchant d’un pas déterminé, bousculant ses habitants qui s’arrêtaient alors pour l’insulter, il grommelait tout en gardant son rythme.

Tiens, le marchand aux poissons n’était plus au même endroit.

Alors qu’il s’aventurait après quelques vendeurs ambulants, l’odeur de nourriture se faisait sentir. Bah. Ca l’agissait, lui ne jurait que par ses potages et sa pinte. Pris dans ses pensées il heurta à nouveau quelqu’un, seulement cette fois-ci, il chuta. Les rayons l’aveuglant il ne distinguait qu’une silhouette, ça ressemblait à une femme. Le derrière au sol se redressant péniblement, l’homme lâcha un juron.

« Chier. Mais vous regardez où vous mettez les pieds où c’est le soleil qui vous a trop tapé sur la tête ? »
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