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 Flower land✿Past & Present [abandonné]

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Aurelle Lorelynne
NOUVELLE ALZEN

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MessageSujet: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Ven 4 Mai - 23:43

Il était 10 heures. Le soleil de ce début de printemps perçait doucement au travers des fenêtres simple vitrage en des rayons satinés miroitant sur les quelques pollens qui flottaient dans la pièce.

Cela faisait une heure que tout était prêt dans la boutique de fleurs "La clé des champs" originellement tenue par Aurelle et Huguette Lorelynne. Cela faisait déjà plus d'une heure que la jeune femme avait quitté le contact de son jardin d'Eden, de son coin de bonheur constamment revêtu de pétales aux mille couleurs. Elle avait décidé cette fois de réassortir ses rayons en un formidable mélange chromatique, car oui, c'était chaque jour toute une nouvelle présentation qui attendait les clients, pour que les fleurs puissent toutes se rencontrer avant quitter définitivement son regard, pour apporter un peu de diversité, d'inattendu à ce triste séjour en pot. Rien ne lui importait plus que le supposé bien-être de toute cette famille végétale qui s'étendait sur les étagères et tables de bois.

Elle était donc là, posée derrière sa caisse à ressorts, attendant d'une impatience toute modérée l'entrée d'un nouvel être méprisable qui viendrait poser ses grosses pattes sur quelques unes de ses petites chéries. Mais bon, les êtres méprisables de la région avaient tout de même tendance à avoir un porte monnaie bien garni, ce qui allait lui être plus qu'utile si elle comptait pouvoir continuer de meubler la petite maison voire même parvenir à offrir à la vieille Huguette ces soins dont elle avait tant besoin avec son grand âge, mais tout était tellement cher dans cette capitale... Et cette dernière s'opposait farouchement à ce que l'argent récolté par la passion de sa petite puisse servir à prolonger artificiellement sa vie, qu'elle estimait suffisamment bien remplie et touchant simplement à son terme. C'était "l'ordre des choses", et la fleuriste l'entendait bien, mais elle ne parvenait quand bien même pas à accepter une telle idée.

Pour autant, il n'était pas l'heure d'être triste. Il n'y avait encore personne à l'horizon pour l'instant, juste elle et la centaine de ravissantes demoiselles probablement occupées à bavarder joyeusement entre elles. Cette pensée mettait Aurelle d'une humeur toute douce. Elle aurait tellement aimé pouvoir être de la conversation. Mais chuut, il ne fallait pas faire de bruit, il ne fallait pas perturber la Grande Assemblée. Etait-ce un débat philosophique ? Ou étaient-ce des commérages ? Peut-être étaient-elles en train de s'adresser des compliments sur leurs délicates parures ? Une humaine comme elle n'allait jamais pouvoir comprendre toutes ces florales chansons. Aurelle restait juste à sa place, les contemplant les yeux emplis d'une tendresse infinie, humant les délicieuses fragances de l'éternel printemps installé en son domaine depuis déjà tant d'années.

La jeune femme se leva, d'une muette légèreté, entrouvrir les fenêtres arrières. La légère brise qui s'introduisit dans tout le rez-de-chaussée effleura sa nuque en une caresse rafraichissante avant d'embrasser une à une les porteuses de pétales. Dehors, il ne faisait pas froid, et les plantes du jardin avaient elles aussi l'air tout à leur confort en cette journée à présent bien installée. C'est donc la tête vidée de toute préoccupation que la fleuriste passionnée regagna sa place, en sautillant presque.

Laissant ses yeux errer librement vers les trois murs blancs qui lui faisaient face, elle déscella la petite porte de son esprit et s'en alla voir du côté des collines étincelantes de son imaginaire. Sentant encore le vent qui titillait sa frange, elle partit mentalement en quête de son groupe d'amis animaliers, il fallait qu'elle leur demande s'ils avaient passé une bonne nuit, mais quand ces-derniers étaient lancés dans une partie de cache-cache, c'était un travail de longue halleine.

Elle allait avoir toute la journée, enfin, si seulement le tintement indiquant que quelqu'un venait tout juste de passer le seuil de la porte n'avait été qu'une illusion.
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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Sam 5 Mai - 1:05

    Tôt ce matin là, son père l'envoya chercher des fleurs. Il en faudrait beaucoup, pour décorer leur manoir qui bien que petit, n'en était pas moins un manoir. Une domestique réveilla donc Malcom Reevers peu après l'aube, lui annonçant la requête de son paternel. Quelle tâche ingrate pour un artiste tel que lui, qui ne demandait pas mieux que de dormir encore quelques heures avant d'ouvrir son magasin. Il eut bien envie de répondre à la pauvre dame d'aller se les chercher elle-même, ces fleurs, mais en y repensant bien, qui pourrait trouver de plus beaux spécimens que lui ? Depuis toujours, et ce n'est pas de la vanité, mais plutôt un fait, l'homme détenait un sens profond du «beau». C'était sans doute pour cette raison que son père l'envoyait quérir l'objet de son désir plutôt qu'une servante, qui ramènerait n'importe quoi. Il aurait peut-être aussi l'occasion de se trouver un joli sujet à peindre... une rose, non ! Un fabuleux bouquet de tulipes... enfin, il verrait bien.

    Avant de quitter sa demeure, Malcom s'assura qu'il était bien mit (pas question de déambuler dans les rues de Pretty Downtown avec les cheveux de travers), prit un petit déjeuner frugal (mais riche en vitamines) et choisit ses souliers les plus classes (ceux qu'il porte pour aller travailler, ainsi il n'aurait pas besoin de revenir se changer avant d'aller au magasin) et lorsqu'il passa le seuil de sa porte, il avait une idée bien précise de ce qu'il cherchait: la perfection.

    Il commença ses recherches dans Marketplace, évidemment, mais plusieurs boutiques étaient toujours fermées et les fleuristes ouverts à cette heure matinale n'offrait rien de très... inspirant. Quelques bouquets attirèrent bien son regard, mais dès qu'il approchait, il pouvait voir que tout cela ne se rapportait en rien à la vision qu'il avait en tête. Le jeune homme repartit donc bredouille. Commençant à désespérer, il reprit donc le chemin de Pretty Downtown. Ses pensées se dirigèrent vers le souvenir des arrangements floraux qui décoraient si bien la boutique d'étoffe de ses parents lors de sa jeunesse. Ils étaient l'oeuvre de sa mère. Elle réussissait toujours à faire de ces fleurs tristes et seules une magnifique composition et c'était exactement cela que cherchait Malcom. Les fleurs de ses bouquets lui semblait tellement belles, odorantes et lumineuses, mais ce n'était peut-être que son imagination, tout cela était si loin maintenant.

    Soudainement, son nez capta une divine effluve. Il est de ces odeurs que l'on oublie jamais et celle-ci en était une. Il sût ce qu'il trouverait avant même de voir apparaître cette petite maison modeste, mais qui embaumait toute la rue d'un agréable parfum floral. Au dessus de la porte se trouvait une enseigne ou il était inscrit : «La Clé des Champs». Un nom adorable, vraiment. Malcom était excité comme un enfant devant une confiserie, mais fit tout son possible pour cacher ce sentiment de joie qui l'envahissait. Si il ne trouvait pas son bonheur dans cette boutique, il en serait très déçu. Sans attendre plus longtemps, il entra, faisant tinter clochettes.

    Il lui fallu quelques instants pour se reprendre, tellement le parfum prit d'assaut ses narines. Ses yeux parcoururent l'entière superficie de la pièce, s'arrêtant ici sur les roses, rouges comme le sang, là sur les tulipes, jaunes comme le blé, ou encore vers les marguerites, les pivoines, les pensées... Bon sang ! Il y avait de tout ! Il avança vers les pivoines et du bout des doigts les effleura. Si douces et si pures. Tant de distinction dans ces pétales... Toutes les fleurs se trouvant ici étaient à l'image même de la perfection. Il avait trouvé. Son âme de poète ressentait l'envie, non, le besoin vitale de transcrire en mots toute la beauté autour de lui, son âme de peintre, de l'immortalisé sur une toile. Comment pourrait-il choisir la gerbe parfaite ? Elles l'étaient toutes !

    Puis son regard fut comme aspiré vers les plus belles iris qu'il n'ait jamais vu. Elles se tenaient droites, élégantes et blanches comme la première neige de novembre. C'était décidé, il en achèterait autant qu'il le pourrait. Il les achèterait toutes. Brusquement, il se retourna vers la commis, duquel il avait repéré la présence depuis le début, mais ne daignait pas s'en occuper jusqu'à maintenant.

    «Je les prends. Les iris. Toutes.»

    Il ponctua ses courtes phrases d'un léger sourire. Si cette demoiselle pouvait faire de tels miracles avec les plantes, elle pouvait faire payer prix fort et valait mieux ne pas paraître trop impoli.
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Aurelle Lorelynne
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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Sam 5 Mai - 3:20

Les mignonnes petites clochettes en forme de petits oiseaux tintèrent joyeusement de leur gazouilli aigu tandis que la porte s'ouvrant laissa l'espace d'un instant une forte brise s'engouffrer dans la boutique, suivant le courant créé avec les fenêtres du fond. Ce fut toute la pièce qui fut soulevée d'un souffle doux, si doux qu'on aurait bien voulu le serrer contre soi avant qu'il ne s'en aille si vite, bien trop vite, la porte en bois retrouvant son cadre bien-aimé. Il était impossible de séparer les deux-là bien longtemps, à moins de n'avoir qu'une grosse roche glacée à la place du cœur.

Aurelle était en pleine recherche de ses amis. Elle avait réussi à retrouver la marmotte, cachée dans un tronc d'arbre creux. C'était assez drôle parce que cette dernière n'apprenait jamais, non, elle allait toujours se cacher dans ce même tronc d'arbre creux. Mais c'était bien arrangeant, car une fois Marmotte trouvée, elle prenait un malin plaisir à aider la princesse des lieux dans ses prospections, et tous les autres étaient généralement découverts en quelques minutes à peine, avec l'incomparable odorat caractéristique de son espèce.

La jeune femme souhaitait son bon jour à sa petite vis-à-vis lorsque son champ de vision intercepta le passage du fameux client du matin. Elle l'avait déjà oublié, celui-là, en quelques secondes à peine. Elle aurait pu ne pas le remarquer du tout mais certains détails captèrent son attention malgré elle. Déjà, il était jeune, beaucoup plus jeune que la moyenne des beaufs qui se présentaient sur son seuil. Il devait avoir autour de son âge, voire moins, alors que la plupart des types qui venaient la voir avaient davantage dans les quarante ans, lorsque ce n'étaient pas des femmes, qui, elles tiraient plutôt sur les soixante. Il était bien rare que des tout jeunes adultes viennent se perdre dans les quartiers modestes de la capitale pour un achat, puisque la market place comptait déjà tous les articles possibles, avec des prix défiant les imaginaires les plus fous. Aurelle n'allait jamais avoir d'étiquettes assez grandes pour tracer autant de zéros dessus, et c'était probablement tant mieux.

La deuxième chose qui l'interpella fut sa carrure. C'était à se demander s'il avait un squelette sous ses couches de vêtements : pull en laine épaisse, manteau, gants, col roulé, gavroche... Malgré toute cette épaisseur manifeste, il demeurait incroyablement fin, ce qui créait l'impression d'une personne assez délicate, en totale opposition au modèle armoire-à-glace qu'elle détestait tant. Délicat ou fragile, peut-être ? D'ailleurs était-il malade pour se couvrir ainsi ?

En somme, l'homme qui venait d'entrer était une présence très inhabituelle, peut-être s'agissait-il d'un touriste, d'un promeneur, d'une sorte de curieux qui passait comme on va à la foire ?

Malgré toute cette interrogation, Aurelle ne se trouvait pas plus perturbée que cela, au fond, chaque client n'était qu'une nouvelle occasion de ressentir un peu plus la frustration que pouvait lui procurer ce métier ainsi que la haine générale qu'elle vouait à la très grande majorité (doux euphémisme) de la population sphérienne.

Soupirant intérieurement et fixant un coin du parquet, la fleuriste s'apprêtait à suivre Marmotte, qui jurait d'avoir déjà débusqué Hérisson entre deux grosses pierres, lorsque ce maudit client la tira à nouveau de ses délices oniriques.

Décidément, son comportement était étrange. Il parcourait la pièce en gestes désordonnés, s'arrêtant sur plusieurs espèces de fleurs particulières, arborant une expression méconnue sur le visage, peut-être composée... De plus, il semblait vraiment comprendre ce qu'il voyait, contrairement à tous les patauds qui restaient en plan en tournant vaguement la tête, en déambulant entre les rangées, hagards... Impossible, pouvait-il s'agir d'un connaisseur ? Immobile, la jeune femme le fixait du coin de l’œil. Hérisson allait attendre. C'était bien rare mais ce qu'il se passait dans le monde réel était devenu... Digne d'intérêt.

Le jeune homme s'arrêta devant une iris blanche. D'autres se trouvaient un peu aux alentours, mêlées à des bleues et à quelques coquelicots, mais il n'y avait aucun doute, c'étaient bien les blanches qui avaient capté son regard. Il resta une dizaine de secondes figé avant de prononcer, d'une voix qui se voulait posée :

"Je les prends. Les iris. Toutes."

Une phrase ponctuées par des tranches de sourire. Il connaissait leur nom, et il semblait également reconnaître la même valeur toute particulière que ces demoiselles occupaient dans le cœur de la jardinière. Jardinière qui resta hébétée un instant. Ce type s'y connaissait, il n'y avait plus de doute. Ce n'était pas juste un gars curieux. Et il lui souriait. Ce dernier élément rappela à la vendeuse qu'elle était aussi au travail, et que si elle voulait avoir des achats, il fallait bien qu'elle s'occupe des acheteurs. Toutes les iris blanches, hein ? Vraiment toutes ? Allait-il seulement y en avoir assez ? L'inconvénient avec les boutiques de taille moyenne et qui regroupent une très grande diversité, c'est qu'on est toujours serrés au niveau de l'abondance. Qu'à cela ne tienne.

Sans doute pour la première fois, un sourire qu'elle n'eut pas même besoin de s'arracher parût sur son visage alors qu'elle commençait à réunit ses belles iris de nacre dans un carton, sur le comptoir. 6...7...8... Comme prévu, elle n'en avait qu'une dizaine en rayon.

"Eh bien... 10, cela vous convient-il ? Sinon je dois en avoir encore le même nombre dans le jardin... Au moins..."

Si cela avait été un client ordinaire, c'est à dire pas bien malin, qui demandait en criant "Donnez-m'en de celles-là", elle se serait bien servie de son karnevale pour en produire une trentaine dans les trois minutes, quitte à ce qu'elles meurent deux jours plus tard, mais ce client-ci était si... Différent. Il n'était pas question qu'il reparte avec des pauvres fleurs en papier crépon.

Et elle n'était pas non plus contre l'idée de montrer son merveilleux jardin à une autre âme amoureuse de la flore.
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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Sam 5 Mai - 15:38

    La demoiselle sembla perturbée quelques instant, mais se ressaisit rapidement. Pendant qu'elle rassemblait les délicates iris, Malcom songeait déjà à toutes la palette de couleur dont il aurait besoin pour les peindre. De toute évidence, il aurait besoin de blanc. Du blanc pur, un plus crème, du noir et du bleu pour les ombres, peut-être même un peu de jaune. Viendrait ensuite toutes les teintes possibles de vert, pour les tiges et les feuilles. Il faudrait aussi trouver le vase parfait, sans doute en cristal. Malcom ne pouvait plus détacher ses yeux des pétales de ces grandes dames, suivant les jeux d'ombre et de lumière sur leur surface, jusqu'à ce qu'il aperçoive le sourire de la commis. Le marchand de soie se demanda ce qui pouvait bien la faire sourire ainsi.

    "Eh bien... 10, cela vous convient-il ? Sinon je dois en avoir encore le même nombre dans le jardin... Au moins..."

    Seulement 10 ? Non ce ne serais pas suffisant, pas du tout. Lui qui avait voulu habiller tout son manoir en blanc pour la réception de son père... Son jardin, Malcom était bien curieux de le voir, mais tout de même, une vingtaine d'iris ne couvrirait que la table de la salle à manger. Il se trouvait donc face à un dilemme. Soit il laissait la perfection de côté et choisissait les fleurs bon marché provenant de Marketplace, soit il demandait à la jardinière de liu faire de mignons bouquet, avec plusieurs types de fleurs et qu'il gardait les iris blanches pour lui. La deuxième option lui paru la plus sensée.

    «10 suffiront, mais dites moi, quelles fleurs me conseilleriez-vous ? Je dois avoir une centaine de fleurs pour ce soir...»

    Face à lui, de l'autre bout de la pièce, se trouvait une fenêtre. Cette fenêtre laissait passer les rayons du jour comme toute fenêtre se doit de le faire, mais derrière celle-ci se trouvait des nuances de rouges et de bleu, de vert, de jaune et d'orangés qui semblait surréaliste dans le tableau qu'offrait habituellement un quartier résidentiel si loin du cente de Pretty Downtown. Sans attendre la réponse de la jeune femme, il avança doucement vers cette fenêtre et plus il s'en rapprochait, plus les mots pour décrire ce qu'il voyait s'évanouissaient. Ce jardin, était tout simplement magnifique. Quel dommage qu'il n'ait pas pensé prendre son chevalet, une toile et tout le reste de son nécessaire à peinture... Il devrait revenir. Il allait peindre ce jardin, aucun doute la dessus. Si il réussissaient à rendre justice à la céleste magnificence de ces plantes, il pourrait se considérer comme un peintre accompli. Malcom se retourna vers la femme qu'il considérait maintenant comme une magicienne et la fixa un petit moment. Sans dire mot, il retourna à sa contemplation, puis de nouveau à la jardinière magique. Comment arrivait-elle à produire des fleurs si parfaites, au parfum si entêtant et aux couleurs si vives ? Cette femme n'était pas normale.

    «Comment ?»

    On dit souvent que la curiosité est un vilain défaut, mais dans le cas présent, Malcom trouvait sa question tout à fait légitime. Il trouvait presque inconcevable de posséder un tel savoir et d'en garder le secret, alors qu'il pourrait répandre sur ce monde tant de beauté. Enfin, elle était jardinière, dont ultimement, ses fleurs se retrouvaient dans quelques foyers déjà. L'artiste, prenant soudainement conscience que son comportement devait être très bizarre, limite inquiétant, il se ressaisit et se composa un visage neutre. Il avait tellement envie de sortir voir ce jardin qu'il en oublia même la raison de sa venue ici.
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Aurelle Lorelynne
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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Sam 5 Mai - 23:13

«10 suffiront, mais dites moi, quelles fleurs me conseilleriez-vous ? Je dois avoir une centaine de fleurs pour ce soir...»

Une centaine... Une centaine.. C'était insensé ! Quel genre de personne pouvait bien venir chercher un convoi de plantes dans une boutique si petite, perdue dans les quartiers pauvres de la capitale ? Etait-ce pour un mariage ? Quand bien même, une personne lambda n'en rechercherait pas tant.

Un majordome de très bonne maison ?

Conseiller des fleurs... C'était bien quelque chose dont Aurelle se trouvait tout bonnement incapable. Déjà, elle n'avait pas la moindre notion de composition florale, mais surtout elle trouvait cette idée juste ridicule, incompréhensible. Ses fleurs étaient ses fleurs, ses chéries, ses petites filles, ses protégées, elle pourrait avec certitude continuer à veiller sur elles toutes jusqu'à sa mort. Les plantes qu'elles faisaient pousser étaient toutes égales, elle leur attribuait à chacune un même raffinement, une même spiritualité, c'étaient bien plus que des fleurettes à ses yeux et elle ne savait les classer par des jugements de valeur bien trop humains. Chacune portait la même noblesse, la même vertu. Elle n'avait donc pas la moindre idée de ce qui pourrait particulièrement intéresser le jeune homme, mises à part les iris, bien évidemment.

Jeune homme qui était déjà absent face à son court silence, le regard capturé par le mur, ou plutôt, par les fenêtres entrouvertes, vers lesquelles il s'avançait, ignorant complètement la fleuriste qu'il aurait sans doute bousculée en passant un peu plus près d'elle. Il avait vu le jardin, évidemment. Les vitres étaient idéalement placées pour cela, bien que la plupart des clients ne l'auraient jamais aperçu, comme ils ne parcouraient que rarement plus de deux mètres sur le parquet ambré.

Il resta planté devant la vitre. Se retourna vers elle. Reposa ses yeux sur la vitre... Puis elle à nouveau. Prise au dépourvu par l'ensemble des réactions du client, Aurelle resta plantée là, posa ses yeux sur le coin d'une table en se prenant les mains. Elle était sur le point de prendre la parole lorsqu'une question interrompit l'initiative : «Comment ?»

Comment, c'était une question toute légitime. Avec la chute de l'ex-Empereur, il n'y avait plus besoin de cacher les Karnevale, ce qui était une très bonne chose compte tenu de l'improbabilité totale de ce qu'était sa petite boutique de quartier. Les gens allaient forcément se poser des questions de toute manière. Ce n'était plus la peine de le cacher, certains curieux de la ruelle étaient même au courant et pour autant ce n'était pas quelque chose qu'on entendait se crier dans le voisinage. La jeune femme peu sociable se faisait rarement voir hors de sa maison, et bien peu de pauvres s'intéressaient aux fleurs. Au fond, elle était un peu comme une alien méconnue et qu'on ignorait naturellement.

Parler de son pouvoir n'aurait pas posé de problème à la fleuriste, il fallait au moins ça pour parvenir à un tel résultat avec un sol si pauvre, et pourtant cela la dérangeait dans la situation présente. Certes elle pouvait maîtriser tout ce petit monde de photosynthèse, mais son activité était tellement plus que cela... Le Karnevale créait les graines, les aidait à développer leurs racines et leur insufflait une douce énergie vitale pour grandir d'un bon rythme, c'était un fait, mais les regards, les attentions, le temps passé et l'immense respect que la jeune femme vouait à chacune depuis dix longues années, tout son amour était bien authentique, dénué d'artifice.

Elle ne savait que répondre. Avait-elle peur d'être mal jugée ? Elle n'était pas charlatan ni escroc, ses prix raisonnables étaient déjà là pour le prouver. Et elle n'accordait que très peu de crédit à ce que les gens pensaient d'elle, et pourtant elle ne voulait pas que ce fin connaisseur la prenne pour une triste illusionniste.

«C'est la «main verte».» finit-elle par dire à tout hasard. Ce n'était d'ailleurs pas un mensonge du tout. Elle enchaîna avec d'autres détails plus important qui occupaient son esprit :

«Je ne saurais vous demander de privilégier un spécimen... Certaines variétés ne sont pas en rayon, vous pouvez visiter le jardin pour voir tout ce que nous possédons, si vous voulez bien...» acheva-t-elle d'un air vague en tenant ouverte la porte concernée.

Une tension commençait à monter en elle. Cet homme allait être la première personne extérieure à pénétrer son Eden personnel, il avait l'air tout sauf brutal ou maladroit, mais elle allait tout de même le tenir à l'œil. Au moindre comportement suspect, elle le neutraliserait avec les branches du vieux chêne voisin avant qu'il ne blesse l'une des demoiselles. On n'était jamais trop prudent. D'ailleurs, une nouvelle pensée émergea dans l'esprit de la fleuriste.

«...Une centaine... Pour le transport... ?»
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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Dim 6 Mai - 18:21

    La main verte... C'était tout bonnement impossible, mais comme la demoiselle ne semblait pas vouloir partager son secret avec lui, Malcom n'insista pas. Il trouva même sa réponse étonnante, lui qui venait d'un milieu ou tout le monde recherchait l'attention et faisait étalage de ses capacités, il trouvait rafraîchissant de la voir si réservée, si secrète. Il se risqua à lui faire un sourire, expression qu'il gardait pour les personnes chères à son coeur ou en qui il vouait un profond respect. Pour ses fleurs d'une qualité rare, elle entrait dans la seconde catégorie.

    «Je ne saurais vous demander de privilégier un spécimen... Certaines variétés ne sont pas en rayon, vous pouvez visiter le jardin pour voir tout ce que nous possédons, si vous voulez bien...»

    S'il le voulait bien, mais bien sûr qu'il le voulait, mais malgré tout, c'est avec une certaine hésitation qu'il passa le seuil et se retrouva à l'extérieur, devant ce qui lui semblait être la plus belle chose que ses yeux ait vu, en 21 ans d'existence. Le parfum des fleurs se faisait plus doux qu'à l'intérieur de la boutique. Probablement grâce à la petite brise qui soufflait. Il resta planté là, le regard rivé sur le jardin, ne pouvant plus parler. Il avait peine à croire qu'il se trouvait là, planté les pieds dans le col, comme si lui-même appartenait à cet univers. Son coeur se mit à palpiter et des vers se formèrent instantanément dans sa tête, sans pour autant qu'il puisse les prononcer. Aucun mot ne pouvait décrire ce sentiment qui montait en lui. Il fit un premier pas, puis s'arrêta. Il venait de voir les iris, toujours aussi belles, radieuses dans la lumière du jour. Il ne pouvait que comprendre les paroles de la jardinière, qu'elle ne pouvais pas lui demander de privilégier un spécimen, ces fleurs étaient toutes uniques, elles possédaient toutes une âme bien à elle et il se sentit bien stupide de ne pas l'avoir compris tout de suite en entrant dans cette petite maison, quelques instants plus tôt.

    S'il l'avait pu, il se serait mit à pleurer, mais il y avait longtemps que Malcom avait versé toutes ses larmes. Il avança d'un autre pas, puis d'un autre, jusqu'à ce qu'il puisse s'agenouiller tout au bord du jardin. Il effleura une rose, fit de même avec un oiseau du paradis, puis encore avec une pivoine d'un joli rose pâle. Magnifiques. Ces demoiselles étaient là ou elle se devait d'être. Dans la terre, sous le soleil. Tout compte fait, il ne désirait plus connaître le secret de leur perfection, il n'en avait pas besoin. Malcom avait l'impression que cela ruinerait tout, s'il l'apprenait. Il préférait les regarder, les toucher et les sentir, avec les yeux, les doigts, le nez et le coeur.

    «Comme vous êtes élégante, mes très chères dames...»

    Sans trop savoir pourquoi, il leur avait parlé. Il n'en fit pas vraiment cas, imaginant que c'était l'effet que ces fleurs devaient faire à tous. Il se releva tranquillement, pour ne pas leur faire peur et s'éloigna de quelques enjambées, histoire d'avoir une vue d'ensemble. Toutes les nuances de couleur, les jeux d'ombres et de lumière... cette vision serait parfaite pour un tableau.

    «...Une centaine... Pour le transport... ?»

    La jardinière le tira de ses rêveries, le ton de sa voix indiquait qu'elle était véritablement inquiète pour ses amies et Malcom comprenait. Il était vrai qu'il n'avait pas vraiment pensé au moyen de transporter les fleurs jusqu'au manoir. Pourtant, une centaine de celles-ci seraient nécessaires s'il voulait que son père soit heureux. Et puis le temps passait, il devrait bientôt pensé en rentré. Quel supplice de devoir quitter des yeux ce petit jardin...

    «J'enverrai des domestiques. Je crois que je n'aurai pas tellement le choix.»

    Il alla retrouver la jeune femme et ajouta: «Ne vous inquiétez pas, vos fleurs seront traitées avec tout le respect qu'elles méritent.»

    Il marqua une pause, hésitant, puis demanda : «Excusez-moi, mais serait-il possible que je revienne un de ces jours avec mon nécessaire à peinture et que je peigne votre jardin ?»
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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Lun 7 Mai - 22:21

Le jeune homme resta sur place un moment, bref, mais tout de même assez long pour qu'Aurelle se demande si elle devait rester là à maintenir la porte ouverte. Elle était sur le point de se résigner avant de prendre racine dans cette situation peu confortable où elle se montrait excessivement attentionnée envers le monde réel lorsqu'il se décida à franchir le pas, littéralement. Il fit un pas, puis un autre, d'abord lents puis plus accélérés, avant de disparaître, avalé par l'encadrement de bois qui perçait le mur. Voilà, c'était fait, une personne extérieure à la maison s'Y était rendue. La fleuriste ne savait pas trop si elle n'allait pas regretter cette folle initiative par la suite. Elle s'était laissée entraîner par l'émotion du moment : autre chose qu'un client rustre, et venu lui commander le quart du magasin de surcroît. Mais l'heure n'était pas aux regrets, il fallait veiller à ce que cet «incident» ne se change pas en gigantesque catastrophe. Et elle le suivit derrière cette porte, le pas hâtif.

Elle ne put retenir ce profond sentiment paisible qui l'envahissait toujours à ses sorties au jardin, alors que le festival de couleurs battait son plein en cette journée printanière, comme tous les autres jours. Spectacle usuellement réservé à ses seuls yeux noisette, qui formaient sans aucun doute le meilleur des publics du monde, ne cessant de s'émerveiller devant les nouvelles douceurs que ces compagnes se plaisaient à lui présenter. Pourtant, aujourd'hui était un jour différent, elle n'était plus la seule privilégiée du Cirque de Pétales, elles recevaient en cette journée un invité de marque.

Le-dit invité avait-il été secoué par les mêmes sensations qu'elle ? Il s'avançait de manière hasardeuse eu travers de la petite féérie, frôlait certaines des artistes, ravies, tandis qu'Aurelle le fixait avec grande attention après être redescendue sur la Terre. Le jeune homme se trouvait à une distance critique des prunelles de ses yeux, et le cœur arrêté de la jeune fille restait suspendu au bout des doigts gantés de beige.

«Comme vous êtes élégantes, mes très chères dames...»

La fleuriste resta figée de surprise à ces mots. Mise à part l'appellation Dames qui sonnait bien élogieuse, elle aurait bien cru entendre ses propres mots tapis sous une voix d'homme. Elle n'aurait jamais imaginé que quelqu'un d'autre qu'elle-même puisse parler à des plantes, elle n'aurait pas pensé l'humanité capable de faire preuve d'un tel raffinement d'esprit. Vraiment, elle était scotchée.

«J'enverrai des domestiques» lui répondit-il après s'être doucement relevé. «Je crois que je n'aurai pas tellement le choix.»

C'était donc bien cela : un client venant d'une grande maison, mais plus un maître qu'un majordome à en croire ses paroles. Il s'agissait de la première fois qu'elle rencontrait une personne riche, du moins, sans se faire bousculer ou traiter telle un rat pestiféré. En effet, le réel côté artiste de la noblesse amenthalysienne lui avait été jusqu'à lors parfaitement inconnue. C'était à se demander même si elle n'avait pas rêvé tous les mauvais traitements qu'elle avait pu subir dans les pires instants de son enfance. L'autre thèse qui s'offrait à elle était qu'elle n'était plus non plus cette petite mendiante qu'elle fut par le passé, et peut-être que la réaction du jeune homme à son égard aurait été de ce même mépris qui les avait tous caractérisés. Il lui était impossible de le savoir.

Le «Ne vous inquiétez pas, vos fleurs seront traitées avec tout le respect qu'elles méritent.» qu'il lui composa en regagnant son contact alors qu'elle s'était maintenue, vigie, au niveau de la porte seulement, fut en quelque sorte la goutte de raffinement de trop pour son esprit qui sombrait dans une grande confusion, les yeux toujours rivés vers les pivoines, comme pour s'assurer qu'elles allaient toujours bien. Ce type avait l'air de les considérer lui aussi comme ces êtres à part entière, ces demoiselles joviales, extraverties, réunissant à elles-seules toutes les vertus que l'esprit humain ne pouvait espérer atteindre de la pointe de ses pensées frêles. C'était juste tout comme elle... Tout comme elle.

Devant son silence, il ajouta enfin : «Excusez-moi, mais serait-il possible que je revienne un de ces jours avec mon nécessaire à peinture et que je peigne votre jardin ?»

Si elle n'avait pas développé tant de retenue avec les années d'isolement, elle lui aurait bien hurlé un grand D'ACCORD au visage. Tout n'était plus que certitudes à présent. Les agissements déstabilisants, les allées et venues décousues, tout. Et à partir de ce moment là, elle se sentait l'humeur de placer en cette personne une confiance infinie.

«Oui» finit-elle par répondre, dissimulant cet océan de joie qui déferlait en son âme, en risquant même un «Avec plaisir !»

C'était dommage, mais même les meilleures choses avaient une fin. Le client avait manifesté son empressement, il allait falloir qu'elle s'attèle à la tâche si elle voulait préparer une telle commande, puis renouveler toutes les petites placées dans un nouveau foyer. Elle allait-même s'essayer à une nouvelle session de créations originales, tant son humeur s'enroulait dans une scintillante euphorie.

Elle jeta un coup d'oeil au client, à ses maints gantées notamment. Alors comme ça, ces formes de chair détenaient le ravissant secret de la capture des images ? Il lui tardait déjà que cette personne revienne, pour voir comment son Eden se défendrait sous le pinceau. Elle lui rendit son sourire et se retint de rejoindre le comptoir en sautillant, se contentant de mettre un inhabituel dynamisme dans ses rouges bottines.

Son ombrelle, déposée tout contre le meuble, manqua de défaillir sous les mouvements énergiques, lui adressant le regard furieux de l'enfant que l'on sort d'un doux rêve. Cela fit penser à Aurelle que cela faisait maintenant longtemps qu'elle ne l'avait plus emmenée voir la lumière du jour, et qu'elle allait sans doute sortir en ballade dans les jours de soleil qui allaient suivre.

«Je vais donc prendre votre commande.» annonça-t-elle d'un faux air solennel, pour la forme, en attrapant au passage l'ardoise qui dormait paisiblement dans un tiroir, prêtre à prendre des notes. «Je vais préparer tous les cartons le temps que votre personnel s'apprête.»

Les petits animaux du cache-cache allaient définitivement trouver le temps de s'ennuyer.
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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Jeu 10 Mai - 23:30

    «Oui. Avec plaisir !»

    Si Malcom ne s'était pas retenu de la sorte, il lui aurait bien sauter au cou. Quel honneur elle lui faisait en acceptant sa demande ! Pour la première fois depuis un très long moment, le jeune homme n'eut pas à faire semblant, il lui offrit son plus beau sourire. Il avait l'impression que pour une fois, il pouvait faire confiance à quelqu'un d'autre que lui-même. Jamais il n'eut cru que cela serait de nouveau possible. La demoiselle semblait plus enthousiaste elle aussi, par un quelconque miracle, ils avaient visiblement réussit à ensoleiller la journée de l'autre. En y songeant bien, combien de chance y avait-il pour qu'une telle rencontre se produise alors qu'il n'était sortit que pour acheter des fleurs ? Malcom n'avait plus du tout envie de partir, pour une fois qu'il trouvait un être digne d'intérêt, il n'allait pas la laisser avant d'en savoir un peu plus. Son père devrait attendre un petit moment, de toute façon, il devait encore choisir les plantes.

    Malheureusement, il la vit repartir d'un pas léger vers l'intérieur de la boutique. Il jeta un dernier coup d’œil à l'univers floral puis la suivit, un peu à contrecœur, mais à la pensée qu'il reviendrait bientôt pour le peindre, son esprit s'allégea. De nouveau dans la pièce, les odeurs de fleurs lui assaillirent une nouvelle fois les narines, mais cette fois la sensation fut plutôt agréable. Encore tout sourire, il observa la jardinière prendre place derrière son comptoir et prendre une ardoise, sans doute pour prendre en note sa commande de fleurs...

    Parlant de sa commande, il ne savait pas du tout quoi choisir, à part les iris blanches. Pour bien faire, il faudrait que toutes les fleurs soient de la même couleur... mais il y avait tant d'autres magnifiques couleurs qui seraient si belles dans leur manoir. Si seulement il avait demandé plus de détails au vieil homme. Cette réception était-elle pour un dîner d'affaire, entre amis ou tout simplement un caprice ?

    Bon d'accord, il devrait faire tout son possible pour oublier trentes secondes ce que le vieux voulait et se concentrer sur le manoir. Les murs de briques extérieurs avaient des teintes de brun, de beige et de bourgogne, quelques roses rouges seraient donc de mise. Ceux de la salle de réception recouvert d'une tapisserie aux teintes de vert, donc les iris blanches, quelques roses blanches et pour un peu de couleur, des tulipes jaunes. Quelles autres pièces les invités verraient-ils ? Ah oui ! Le fumoir. Mais pouvait-il laisser ces fleurs parfaites et délicates respirer un air aussi malsain et étouffant ? Surement pas ! Les fumeurs devraient donc s'en passer, à moins qu'il ne fasse un détour à Marketplace plus tard. Il ne restait donc que la salle de bal et le salon, mais comme ces deux pièces étaient peintes de beiges et se ressemblait beaucoup, Malcom opta pour les mêmes combinaisons florales. Des lys blancs, des oiseaux du paradis et des orchidées. Cela ferait l'affaire, du moins l'espérait-il.

    Lorsqu'il se retourna vers la jardinière, il prit une petite pause pour se remémorer tout les noms et toutes les couleurs choisies, puis il se lança.

    «Il me faudra une quinzaines de vos plus belles roses rouges, toutes les iris blanches se trouvant dans la boutique, ainsi qu'une dizaine de roses blanches aussi, des tulipes jaunes, environ deux dizaines, le même nombre pour les lys blanc, ainsi que pour les orchidées et une dizaines d'oiseaux du paradis. Et je suis désolé de vous dépouiller de la sorte.»

    Malcom était un peu gêné de repartir avec pas loin du quart des produits de la boutique, mais étrangement, il l'était encore plus de sortir la bourse qu'on lui avait remis avant qu'il ne parte du manoir. Elle était si pleine qu'à vue, elle aurait bien pu contenir les économies d'une vie d'un couple de travailleurs de la classe moyenne. C'est donc avec un semblant de discrétion qu'il la glissa sur le comptoir, mais à ce moment là il savait déjà qu'il donnerait tout à la jardinière. Jardinière dont il, Malcom venait tout juste de s'en rendre compte, ne savait toujours pas le nom. C'est en se demandant s'il serait justifié ou impoli de le lui demander qu'il se souvint qu'il devait appeler de l'aide pour le transport des fleurs.

    «Mademoiselle, ou serait-il possible d'appeler ? Pour les domestiques...?»
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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Ven 11 Mai - 2:36

Les yeux d'Aurelle se perdaient en direction de ce client qui défiait toutes les attentes alors qu'elle patientait calmement pour noter sa commande, sans trop même y penser réellement.

Ce jeune homme, il l'intriguait à présent, énormément. C'était la première fois qu'elle s'intéressait réellement à quelqu'un du monde réel. Cela avait été différent concernant Huguette, c'était un peu comme si cette-dernière l'avait aidée à construire son cocon douillet duquel elle n'était plus jamais sortie, elle faisait un peu partie de son monde intérieur, et d'autant plus qu'elle n'était maintenant plus tellement capable de quitter le lit. Ainsi la fleuriste n'avait-elle plus eu aucun contact avec le monde extérieur depuis maintenant... Assez longtemps, si on excluait les quelques sorties pour se fournir en nourriture...

Le jeune homme de noir vêtu qui s'approchait du comptoir à son tour, arborant un sourire singulier, était un des représentants de cette grande inconnue qu'était devenu le monde à ses yeux chocolatés, pourtant elle ne parvenait pas à appréhender tant de bienveillance venant ce cet être inconnu, ce n'était pas possible, il ne pouvait définitivement pas être de ce monde cruel qu'elle côtoya dans son sombre passé. Sans doute ce client et elle-même avaient quelques points communs, dans l'amour des pétales chamarrés de sûr, mais jusqu'où pouvait aller cet accord, sur quels autres points pouvaient-ils s'entendre, se comprendre ? Elle commençait à vouloir en apprendre davantage sur lui. Pour la première fois, elle désirait réellement « rencontrer » quelqu'un.

Il était de dos, il avait une bonne vue d'ensemble de la boutique, sans aucun doute devait-il s'employer à réfléchir. Aurelle avait de plus en plus l'envie de savoir à quoi ses petites chéries allaient bien pouvoir lui être utiles, en si grand nombre. Elle voulait savoir comment cet homme comptait les agencer, elle désirait contempler l'image qu'elles allaient former dans leur foyer d'accueil.

Le jeune homme ne se fit pas prier plus longtemps et finit par annoncer sa liste. La fleuriste nota donc dans l'ordre : roses rouges x15, iris blanches x10, roses blanches x10, tulipes jaunes x20, lys blancs x20, orchidées x20 et oiseaux du paradis x10. Tout cela faisait donc un total de 105 fleurs, comme estimé plus tôt. La jeune femme ne trouva pas intérêt à se retenir davantage et rit simplement aux excuses de la dépouiller. L'image était amusante, mais surtout, elle se trouvait ravie que ses petites fleurs d'amour soient pour une fois placées en de si bonnes mains. Elle enrageait toujours tant en voyant les ingrats vulgaires de clients habituels prendre les pots dans leur pattes malhabiles, c'était un peu comme un rêve inconscient qui se réalisait enfin, après dix ans de métier.

La boutique baignait dans une ambiance générale bienheureuse. L'assemblée florale riait avec Aurelle et l'applaudissaient dans ce petit achèvement qu'elle venait d'atteindre, pouvoir s'ouvrir à nouveau à l'extérieur. Cela pouvait paraître anodin mais, au contraire, cela allait peut-être devenir un événement majeur, tournant dans sa vie de jeune adulte. Le client aussi semblait d'une joie particulière. Même le soleil vint s'inviter à l'euphorie de trente mètres carrés, ainsi qu'un Rossignol sur un des chênes perché. C'était comme si le monde entier était en communion avec ce sentiment de paix intérieure qui avait envahi la jeune femme et ne la quittait plus.

«Mademoiselle, où serait-il possible d'appeler ? Pour les domestiques...?»

La fleuriste se réjouit encore un peu plus à cette phrase. Elle avait cru comprendre qu'il était très pressé, qu'il comptait rentrer chez lui, l'abandonnant cruellement à cette réalité de solitude déguisée, refaisant peut-être s'écrouler sa journée à son niveau d'origine, soit pas beaucoup plus haut que la morosité du quotidien, et envoyer des domestiques en arrivant sur place, mais non, finalement il allait les appeler directement depuis sa boutique. Peut-être comptait-il rester là un peu plus longtemps ? Peut-être même comptait-il discuter un peu ?

L'argent qui apparut sur le comptoir finit sur l'étagère juste en dessus du plan de travail, elle allait le compter plus tard, lorsqu'elle allait établir ses totaux. Il n'était pas question qu'elle le laisse dépenser toute la fortune que la bourse avait l'air de contenir. Peut-être que tels étaient les prix à Amenthalys, mais il en n'était pas de même dans sa boutique de passion. Elle y mettrait un point d'honneur. Elle vivait bien et n'avait pas besoin de plus.

«Je vous en prie, le téléphone est derrière l'escalier, par là.» indiqua-t-elle du regard en finissant d'écrire «oiseaux du paradis». Elle n'écrivait pas si souvent et ça lui prenait toujours un peu de temps de s'y remettre. Cela lui faisait un peu mal à la main, d'autant plus qu'elle était d'humeur à essayer de s'appliquer pour former les plus belles lettres possibles, parées de larges boucles, telles des jeunes lianes. Mais elle finit par y arriver et le résultat eut l'air de lui convenir assez.

Dès qu'elle eut fini, elle partit sans perdre de temps à travers la boutique remplir les différents cartons de la commande. Cela allait prendre un bon bout de temps, même si celui des iris blanches était déjà rempli. Elle sélectionnerait les roses rouges sur le rosier extérieur, mais pour l'instant, direction les tulipes jaunes de la partie Est de la salle, l'ardoise sous le coude.
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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Ven 11 Mai - 3:55

    Lorsqu'il vit sa bourse disparaître derrière le comptoir, il hocha légèrement de la tête. Elle avait acceptée l'argent, ce qui était bien. Comme Malcom ne pensait pas revoir le sac, il l'oublia tout simplement. Le jeune homme avait une vraie mémoire sélective, derrière chaque souvenir, il y avait un choix réfléchi et c'est avec plaisir qu'il se dit que cette journée serait l'un de ces souvenirs, soigneusement choisi, rangé à sa place, chéri jusqu'à la fin de ses jours.

    «Je vous en prie, le téléphone est derrière l'escalier, par là.»

    Ah oui, il avait demandé pour le téléphone. La voir s'activer ainsi, à regrouper toutes les gerbes commandées, c'était à la limite du céleste. Ses cheveux couleur d'écorce voletaient joyeusement autour de son visage ravie, c'était comme si le jeune homme venait tout juste de se rendre compte qu'elle aussi, à l'instar de ses fleurs, était très jolie. Elle lui rappelait un peu sa grande sœur, maintenant qu'elle souriait. Et elle avait un très joli sourire. Il l'admira un peu, pendant qu'elle remplissait les différentes boîtes, avant de se diriger tranquillement vers l'endroit qu'elle lui avait indiqué. L'escalier... qui avait-il au deuxième étage ? Est-ce que la jeune femme vivait seule ou y avait-il quelqu'un d'autre avec elle dans cette maison ? Soudain empli d'une curiosité inhabituelle, il lui fallu se retenir à deux mains pour ne pas aller jeter un petit coup d’œil. Elle aurait probablement perdue son sourire si elle l'avait surpris en train de fouiller dans son jardin privé. Déjà qu'elle l'avait laissé pénétrer son petit monde floral, il n'allait tout de même pas profiter de sa naïveté ainsi. Le téléphone était juste derrière, comme elle l'avait dit.

    Il décrocha le combiné, composa le numéro et laissa sonner plusieurs fois. Personne ne décrochait, peut-être que tout le monde était trop occupé pour répondre. Il dût réessayer plusieurs fois avant qu'une voix de femme très haut perchée ne réponde, quelque peu essouflée : «Résidence Reevers ?

    - Bonjour Simone, c'est Malcom Reevers. J'aurais une petite course à faire faire à Thomas et Miles, ils sont disponibles ?

    - Oui, oui, ou est-ce que vous voulez que je les envoie ?

    - Vous savez cette petite boutique de fleurs dans Pretty Downtown ? Et bien j'y suis, j'ai seulement besoin d'eux pour m'aider à porter les boîtes.

    - D'accord, d'accord, je vous les envoie tout de suite.

    - Merci beaucoup Simone, au revoir.»

    Sans plus de cérémonie, les deux raccrochèrent. Simone... cette femme avait un peu remplacé sa mère, après son départ. D'accord, leur relation n'étaient jamais plus qu'employeur-employé, mais comme elle faisait tout dans la maison, le ménage, la cuisine et le repassage, il était bien normale qu'il éprouve une certaine affection pour cette femme. De plus, il ne voyait vraiment pas comment, avec sa silhouette fine et son visage féminin, elle pouvait faire tout ce travail sans se briser quelque chose. Une chance qu'elle avait, pour l'aider, ces deux jeunes gens très bien, mais un peu bourrus, Thomas et Miles. C'était d'après une requête de la domestique que son père les avaient engagés. Elle avait passée l'âge de transporter des sacs de farines ou des tonneaux de vins.

    Il ne restait plus qu'à attendre les deux garçons et il pourrait repartir. Non pas qu'il le souhaitait, mais il faudrait bien qu'il reparte un jour. Du moins pour aller chercher une toile, de la peinture et ses pinceaux. Lorsqu'il reposa les yeux sur la jardinière, elle amassait toujours les fleurs. Elle semblait s'agencer parfaitement avec elles, comme si elle faisait partie de leur monde. Malcom se sentit presque comme la troisième roue, tant il détonait. Son trench noir, qui à l'habitude lui donnait un air si distingué ne lui donnait ici qu'un ton trop pâle. Même ses gants semblaient déplacés, il les enleva donc et les fourra dans sa poche.

    Il s'approcha du comptoir, hésitant à prendre place. Puis, comme si son cerveau avait parlé de lui-même, sans lui demander son avis : «Excusez-moi mademoiselle, mais puis-je savoir votre nom ?»
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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Ven 11 Mai - 5:36

Elle prenait les fleurs en pot une par une de ses deux mains, puis les déposait délicatement dans un carton à ses pieds, en effleurant les feuilles de chacune d'entre elles alors que son contact les quittait en douceur. Surtout pas de précipitation. Personne n'avait le droit de meurtrir le cœur d'une petite fleur. Un dernier regard attendri, ému, heureux. Elles allaient pouvoir finir leur vie dans toute leur superbe, admirées et respectées comme elles le méritaient bien. Respectées pour toutes celles qui ne l'avaient pas été jusqu'à présent en trouvant famille d'accueil. Rien ne pouvait la mettre davantage en joie que cette pensée. Le carton plein, elle le soulevait assez facilement jusqu'au comptoir avant d'en prendre un autre. Toute l'opération était assez lente, comme elle jetait les secondes par dizaines en profonds adieux, pour chacune de ses magnifiques filles.

Pendant ce temps, elle entendait d'une oreille distraite le client qui recomposait plusieurs fois des numéros, peut-être le même, avant de parvenir à joindre une Simone, et d'annoncer indirectement l'arrivée d'un Thomas et d'un Miles. Sans doute étaient-ils les deux fameux domestiques sus-cités, les deux gardes du corps de toute cette troupe de ballerines qui allait se diriger vers sa grande scène pour interpréter le ballet féérique de toute leur vie qui battait son plein dans leurs sèves sucrées. Deux domestiques ? Est-ce que cela allait suffit ? Il allait y avoir 5 cartons d'environ 20 fleurs, et les roses taillées portées à la main. À moins qu'ils ne viennent avec un moyen de locomotion, cela allait s'avérer assez acrobatique pour leurs bras seuls, ou bien il fallait s'y mettre à quatre.

Aurelle avait à peine déposé le second carton que le jeune homme revint vers elle. L'affaire était bouclée, et il ne manquait plus qu'à attendre, du moins, à tout préparer en quatrième vitesse. Elle ignorait à quel point l'artiste habitait loin, mais il n'était très certainement pas du quartier. Pour autant, même avec ce supposé laps de temps excédentaire, elle restait seule pour préparer pas moins d'une centaine de fleurs, et sa lenteur l'exaspérait un petit-peu dans son euphorie alors que l'heure avait tendance à tourner bien trop vite.

Le client ne resta pas au milieu du chemin, et elle lui en fut très reconnaissante. Elle n'aurait jamais osé lui demander de se pousser à tout bout de champ au gré de ses nombreuses allées et venues. Il s'était placé tout près de sa place à la caisse, soit isolé dans un coin de la pièce, hors des minces allées entre deux étalages. Que vouliez-vous, toutes les fleurs du Sphéra sur trente mètres carrés, c'était de la folie. Elle n'aurait jamais laissé personne si près de la recette de la veille, mais lui devait être fort riche, et puis il avait l'air si digne de confiance... Elle allait bien voir plus tard si elle allait le regretter, mais ce fut un risque qu'elle prit sans hésitations, la tête toute entière à ces pauvre petites qu'elle était tout de même en train de séparer de leurs tendres amies de toujours.

«Excusez-moi mademoiselle, mais puis-je savoir votre nom ?» vint perturber sa mécanique de sélection. Elle était tellement en communion avec cet univers végétal qu'elle l'avait quasiment oublié, ce client. Un nom, hein ? Après tout, ce damoiseau comptait bien revenir, et s'appeler monsieur-madame alors qu'ils devaient avoir le même âge pouvait être un peu étrange aux yeux de la fleuriste. De toute manière, il s'agissait d'une opportunité de commencer un dialogue, et Aurelle avait définitivement une obscure envie de nouer ce dialogue avec lui.

La jeune fille déposa le pot qu'elle avait dans les mains à sa destination et s'approcha de l'artiste, passant la main dans sa poche. Arrivée au comptoir, elle en sortit sa paire de ciseaux plats et la lui tendit.

«Je suis désolée de vous mettre à contribution, mais je vais vous demander de bien vouloir choisir vos roses rouges vous-même sur le rosier du jardin. Vous pourrez choisir les plus belles à vos yeux et tailler la longueur de tige que vous souhaitez pendant que je continuerai de rassembler le reste de votre commande...»

Et, toujours les ciseaux à la main, elle poursuivit en levant ses yeux vers ceux de son vis-à-vis :

«On m'appelle Aurelle Lorelynne...»
«Et vous ..?»
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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Sam 12 Mai - 20:05

    Il avait l'impression de l'avoir dérangée dans son travail et il regretta d'avoir posé la question. Elle déposa le pot qu'elle avait en mains, puis se dirigea vers lui. Effectivement, il n'aurait pas dû la sortir de son boulot, mais en même temps, il avait vraiment envie de savoir son nom. Il était presque certain que ce serait un nom de fleur, ou un truc qui sonnait floral, très doux. Il ne pouvait en être autrement. Elle lui tendit une paire de ciseaux et avant même qu'il ait pu se demander à quoi ils allaient bien lui servir, la jeune femme éclaira sa lanterne.

    «Je suis désolée de vous mettre à contribution, mais je vais vous demander de bien vouloir choisir vos roses rouges vous-même sur le rosier du jardin. Vous pourrez choisir les plus belles à vos yeux et tailler la longueur de tige que vous souhaitez pendant que je continuerai de rassembler le reste de votre commande...»

    Il prit machinalement la paire de ciseaux et se prépara à sortir, heureux de pouvoir revoir le jardin une nouvelle fois, quand les yeux de la demoiselle croisèrent les siens.

    «On m'appelle Aurelle Lorelynne... Et vous ..?»

    Aurelle... très doux comme prénom, tout comme il s'y était attendu.

    «Malcom Reevers, enchanté, mademoiselle Aurelle Lorelynne.»

    Sur ce, il lui sourit une nouvelle fois et dans l'espoir de la faire rire, effectua une petite révérence maladroite. Puis, suite à un nouveau sourire, il tourna les talons, prit une des boîtes qui se trouvait sur le comptoir et se dirigea vers la sortie.

    Une fois de nouveaux dans le jardin, il repéra assez facilement le rosier qu'Aurelle avait mentionné plus tôt. Il se dressait, fier et magnifique, au bord d'une fenêtre. Malcom s'en approcha, bien décidé à choisir les plus belles et les plus rouges de ses roses. Mais plus il s'approchait, plus il trouvait terriblement atroce de trancher les tiges de ces fleurs. De les faire souffrir à ce point, les séparer de leurs branches, de leur maison, en quelque sorte. Il dû s'y reprendre à plusieurs reprises avant de couper la première tige, certain qu'il pourrait presque entendre la fleur hurler de douleur. Pour se réconforter lui-même, il déposa la gerbe avec le plus de délicatesse possible, certain qu'elle pouvait ressentir à quel point il était désolé de la faire souffrir ainsi. Plus que quatorze. Nerveusement, il jeta un coup d’œil par la fenêtre, là ou il pouvait voir tout l'intérieur de la boutique. Aurelle s'affairait toujours à remplir ses propres boîtes. Il avait une peur bleue de se sentir ridicule, et encore plus d'être ridicule devant publique. Malgré tout, il sentait que la jeune femme, si elle le voyait, ne ferait pas de cas de ses simagrées. Il en coupa donc une deuxième, puis une troisième, toujours avec ce sentiment déplaisant qu'il tranchait un être à part entière. Il choisissait celles qui lui semblaient les plus robustes, celles qui, à ses yeux, sauraient faire face à la douleur.

    Il arriva donc au nombre de quinze, quinze roses, toutes belles et estropiées. Il ne pouvait pas concevoir faire le métier de jardinier, surtout pas dans un jardin aux fleurs si parfaites. Enfin... peut-être que s'il n'était pas si sensible, il pourrait voir le côté pratique dans le fait d'enlever ces dames à leur habitat naturel. Soudain, le fait d'acheter des fleurs pour en faire des décorations devenait tout à fait ridicule. Comme il serait plus humain de tout simplement les faire pousser !

    Il entra dans la boutique, avec dans les bras la boîte, maintenant pleine. Il la déposa doucement sur le comptoir, en même temps que la paie de ciseaux, puis se retourna vers Aurelle.

    «Terminé.»

    Il aurait bien donné un coup de main à la jeune femme, les fleurs dans la boutique étaient déjà coupées, cela rendait la tâche beaucoup plus facile pour lui, mais il se sentait bien inutile, à la voir se déplacer aussi aisément à travers les allées et les étalages.

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MessageSujet: Re: Flower land✿Past & Present [abandonné]   Dim 13 Mai - 10:18

Demander à un client d'aller tailler lui-même ses fleurs, en soi, était d'une absurdité consternante. Elle aurait sans doute mieux fait de lui demander de rassembler la dizaine de lys présente en rayon. Eh bien quoi, fleuriste était son métier, c'était son rôle à elle de tailler des fleurs et de les vendre par bouquets, et il avait fallu qu'elle se documente assez pour ne pas commettre trop d'erreurs de débutante, comme elle n'avait pas eu la chance de pouvoir suivre des cours ou apprendre de parents experts. Cela se serait su si n'importe qui pouvait s'improviser en la matière. Et pourtant...

«Malcom Reevers, enchanté, mademoiselle Aurelle Lorelynne.»

Elle se mordit la lèvre et pouffa de rire alors que le jeune homme -Reevers, donc- effectua une magnifique révérence totalement hors de propos. C'était une formidable parodie de toute cette aristocratie superficielle qu'elle haïssait tant, aux manières ridicules et surfaites. Elle ne se serait jamais attendue à un tel geste de la part d'une personne si riche. Note : ne pas oublier de lui rendre son argent de trop lorsque tout aura été préparé.

...Et pourtant, elle l'avait bien envoyé à la tâche. Le voici qui s'en allait vers ledit rosier. La confiance qu'elle avait tout naturellement fini par placer en lui permettait qu'elle ne crise pas à savoir son jardin en compagnie seule de cet étranger. Enfin, ce n'était pas comme si elle ne pouvait pas observer ce qu'il se passait par cette fenêtre d'un angle idéalement placé, mais elle n'allait même pas le faire. Si elle avait pu, elle se serait bien occupée de cette astronomique commande, mais non, la variable temporelle s'ajoutait à l'entreprise, cela risquait de n'être plus réalisable pour elle seule, alors il fallait bien déléguer un peu.

Elle se sourit à elle même. Elle lui avait bien indiqué de choisir les roses les plus belles à ses yeux, pour ça il allait bien avoir le choix, le bougre. Son rosier était, comme toutes les autres plantes à vrai dire, de sa plus grande fierté. Chacune des jolies roses était parfaitement ouverte, le visage d'un écarlate sans défaut, toutes fortes d'un resplendissant orgueil. Était-il seulement possible de choisir ? Identiques dans leur perfection mais uniques dans leur rivalité les unes avec les autres. Toutes voulaient être reine de l'Éden de pollens.

Les minutes prenaient leur temps mais finissaient par parcourir ce petit bout de chemin qui leur était réservé, et Aurelle avait bien avancé en son labeur tandis que l'assistant annonça son retour de mission. Elle jeta un coup d'œil à sa récolte et constata avec bienveillance comme il en avait pris soin. De son côté, elle venait de finir de réunir tout ce qui se trouvait en rayon. Lorsqu'elle s'en aperçut, elle dévisagea un instant le Reevers. Il avait vraiment dû passer un temps considérable à la sélection de ses roses rouges. Elle n'aurait su dire si elle-même en aurait passé autant. Il avait vraiment dû accorder une très grande minutie à la tâche, chose qui ne l'étonna pas tant que ça dans le fond mais la ravit tout de même.

Les cartons à moitié remplis qui entouraient le comptoir témoignaient cependant de la tâche qu'il restait à accomplir, et non des moindres. Il allait falloir à présent s'occuper à déterrer tous les plants manquants et les introduire dans leurs pots de vente respectifs. Sauf dans le cas des arbustes, elle ne séparait jamais fleurettes de leurs feuilles. Elles formaient un tout, et n'étaient que poupées incomplètes sans leurs fins bras de nervures. La nature faisait très bien les choses, les plantes en leur entier étaient toujours d'une harmonie incomparable en ce monde marqué par l'activité humaine.

«Merci beaucoup de votre aide. Il ne reste plus qu'à en prendre quelques-une de la terre. Nous irons certainement plus vite à deux, n'est-ce pas... Monsieur Reevers ?» lui-dit elle en appuyant particulièrement le titre, s'amusant à se remémorer la révérence épique, comme il seyait bien à l'étiquette, hein ?

Oh, seigneur. Elle en riait encore.

Elle allait poser ses doigts sur son transplantoir, sur une étagère qui bordait la porte du jardin, lorsqu'un râle, presque imperceptible, vint cependant déchirer le profond silence dans lequel se trouvait plongé l'étage supérieur. Oh. Huguette était réveillée, et Huguette avait besoin de quelque chose.

«Oh, un instant s'il vous plaît... Je m'occupe d'une personne âgée...» prononça-t-elle faiblement avant de bifurquer vers les escaliers.

C'était vrai, elle n'était plus allée la voir depuis ce matin, habituée à ce que les clients ressortent aussi vite qu'ils étaient entrés. Elle n'avait donc pas vu le temps passé, et à en croire l'horloge il était déjà bien passé depuis l'entrée du jeune homme, qu'elle laissait seul pour la deuxième fois déjà.

Elle ne s'attarda pas plus de cinq minutes en haut. La vieille femme était souffrante, offrant aux yeux de la demoiselle le spectacle bien dur de la vie qui s'achevait. Elle lui donna ses médicaments, derniers de la boîte, lui fit boire un peu d'eau et lui déposa un baiser sur le front en posant sa main sur la sienne.

«Désolée pour le retard... Je ne peux pas rester, mamie, je suis avec un client très sérieux. Il nous achète une centaine de fleurs, héhé... Tu aurais été contente de le connaître, il a l'air gentil...» lui murmura-t-elle, mais seul le silence fit écho à ce petit rapport de la matinée.

Elle lui souriait d'un sourire triste. Sans doute ne devait-elle déjà plus l'entendre. Son état empirait de jour en jour mais il n'y avait rien à faire. C'était ça, être vieux. Et Aurelle allait y avoir droit un jour, elle aussi. Il ne fallait pas y penser. D'ailleurs, elle était au travail et ne devait pas l'oublier. Elle se releva alors et, se dirigeant vers la porte de la chambre, risqua un «Je te fais à manger très bientôt.» à tout hasard.

Elle referma la porte en douceur. Elle se trouvait dans la salle à manger. Cela avait bien changé depuis qu'elle était arrivée dans cette maison. Elle déposa ses yeux sur une commode proche de la rampe. Leur premier meuble à toutes les deux, avec l'argent de la boutique, il y a neuf ans. Début d'une modeste série, qui leur avait permis de s'habituer à un petit confort. Elles avaient bien réussi, en travaillant ensemble, malgré le grand âge et les tensions des premiers jours. Huguette lui avait vraiment tout apporté.

Elle redescendit les escaliers, la mine toujours parée de son triste sourire, et les yeux emplis d'une douce anxiété. Elle devait juste être là et faire face, inutile de se laisser abattre.

Elle chercha son client des yeux un instant.
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Flower land✿Past & Present [abandonné]

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